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Le dictateur nord-coréen participe à un sommet historique avec le président américain Donald Trump, mardi 12 juin. Franceinfo en profite pour revenir sur les nombreux mythes et rumeurs qui existent au sujet de Kim Jong-un.

© Fournis par Francetv info

Kim Jong-un parle-t-il anglais ? Est-il né en 1982 ou en 1984 ? Est-il accro au fromage suisse ? Depuis son accession au pouvoir en 2011, le dirigeant de la Corée du Nord suscite de nombreuses interrogations. Des informations invérifiables circulent à son sujet, gonflées par la propagande de Pyongyang et les rumeurs lancées par les médias occidentaux ou sud-coréens. Franceinfo revient sur les mythes et les réalités du parcours de Kim Jong-un.

Marié et père de... trois enfants ?

Lorsqu'elle est apparue pour la première fois aux côtés de Kim Jong-un, début 2012, Ri Sol-ju a provoqué des interrogations dans le monde entier. De nombreux médias, dont CNN(en anglais), se sont demandé si cette "femme en costume noir" était la petite sœur ou la compagne du dictateur nord-coréen. Pyongyang n'a officialisé son existence qu'à l'été 2012 : lors de l'inauguration d'un parc d'attractions, le régime a "annoncé de façon détournée" le mariage de Kim Jong-un et de Ri Sol-ju, préciseL'Express. La jeune femme, qui aurait 28 ou 29 ans, a obtenu le titre officiel de Première dame le 19 avril 2018.

Difficile en revanche de savoir avec certitude combien d'enfants a Kim Jong-un. Dans un entretien auGuardian (en anglais), le basketteur américain Dennis Rodman affirme avoir "tenu dans ses bras" la fille du dirigeant, Ju-ae, née en 2013. Mais Ri Sol-ju aurait donné naissance à deux autres enfants, nés en 2010 et 2017, selon les services secrets sud-coréens. On ignore toutefois le sexe de ces enfants et donc si Kim Jong-un a un fils héritier, précise Business Insider(en anglais).

"Ce n'est pas étonnant : la dynastie Kim n'est pas la famille royale britannique, il n'y pas d'annonce officielle du dirigeant sur la naissance officielle de ses enfants."

Anthony Dufour, réalisateur d'un documentaire sur Kim Jong-un

à franceinfo

"Kim Jong-un est d'ailleurs beaucoup plus ouvert sur sa vie privée que son père et son grand-père", précise l'auteur de l'ouvrage Kim Jong-un, le dernier prince rouge (Hikari éditions, 2016)Kim Jong-il a eu des enfants avec trois femmes différentes, mais ne révélait aucune information sur sa famille et apparaissait toujours seul en public. Les Nord-Coréens n'ont ainsi appris l'existence de Kim Jong-un que trois ans avant qu'il prenne la succession de son père, en 2011. Ce qui explique en partie le flou qui règne autour de sa date de naissance. Les services secrets sud-coréens la situent en 1983 ou en 1984. Le régime nord-coréen, lui, affirme plutôt qu'il est né en 1982, pour faire écho à l'année de naissance de son grand père, Kim Il-sung (1912).

Un élève médiocre en Suisse, un génie militaire en Corée du Nord ?

Le parcours scolaire de Kim Jong-un est, lui aussi, flou. Selon la propagande nord-coréenne, le dictateur a étudié, au pays, la physique à l'université Kim Il-sung, avant de "s'inscrire dans la faculté militaire également nommée après son grand-père", rapporte le Telegraph (en anglais). Diplômé, il a été présenté à la population comme un général 4 étoiles "qui pilote des hélicoptères, conduit des tanks et maîtrise les armes les plus sophistiquées", indique Vanity Fair(en anglais).

"Bien sûr, Pyongyang n'évoque en revanche pas les études de Kim Jong-un en Suisse",note Anthony Dufour. Selon le Daily Beast(en anglais), le leader de la Corée du Nord aurait en effet passé une partie de son adolescence à Köniz, près de Berne. Présenté comme le fils d'un employé de l'ambassade nord-coréenne, il aurait étudié à l'école publique Liebefeld-Steinhölzli sous le nom de "Pak Un". Elève aux résultats "médiocres", il aurait acquis des notions d'allemand et d'anglais dans cet établissement germanophone, affirme Anthony Dufour. Mais personne ne sait réellement quelles langues parle le dirigeant nord-coréen, si ce n'est celle de son pays.

Un fan de basket, accro à l'emmental ?

De nombreuses rumeurs circulent sur les passions culinaires de Kim Jong-un. Le dictateur aurait un goût prononcé pour l'emmental suisse, les alcools forts (dont le whisky), le champagne et le bœuf de Kobe. Selon leTelegraph (en anglais), il ferait même importer des hamburgers McDonald's depuis la Chine. "Toutes ces informations, non sourcées, sont impossibles à vérifier, met en garde Anthony Dufour. La Corée du Sud peut parfois, elle aussi, recourir à la propagande pour ternir l'image de son voisin et la Corée du Nord ne dément jamais aucune rumeur."

L'appétence de Kim Jong-un pour la musique des années 1980, dont Madonna et Michael Jackson, selon Vanity Fair ? Invérifiable également. Tout comme son intérêt pour les films de Disney ou les jeux vidéo occidentaux.

La seule passion avérée du dirigeant nord-coréen est donc le basket. Lors de son passage en Suisse, Kim Jong-un était fan de l'équipe américaine des Chicago Bulls et pratiquait régulièrement ce sport, selon d'anciens camarades cités par le Daily Beast.

Une passion assumée par Pyongyang : l'ancien basketteur américain Dennis Rodman s'est rendu à trois reprises en Corée du Nord, entre 2013 et 2017. Lors de sa première visite, Kim Jong-un a assisté, depuis la tribune présidentielle, à une rencontre entre une équipe américaine et des joueurs nord-coréens. Interrogé parSky News(en anglais), Dennis Rodman résume sa relation avec l'homme fort du pays :"C'est mon ami, (...) je l'adore." L'ancien joueur des Bulls lui a même offert un livre de Donald Trump, L'Art de la négociation. L'ouvrage n'a toutefois pas permis au dirigeant nord-coréen et au président américain d'éviter les tensions diplomatiques.

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