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Dans une déclaration «à l’intension des élus» qui se sont alignés derrière l’appel de l’opposition à manifester, le procureur, Mohamed Abdou, avait tenu à «rappeler que l’immunité dont ils bénéficient ne couvrait pas les cas de flagrant délit» et les a invité à lire «soigneusement l’article 21 de la Constitution» car cette disposition lui «donnait l’opportunité de les arrêter et de les traduire en justice». Les deux parlementaires se sont réjouis, en outre, de l’arrivée probable de représentants le l’Onu et de l’Ua qui «vont pouvoir toucher du doigt la situation de répression et de privation de libertés que le pays traverse ces derniers temps».

 

Quelques jours avant une éventuelle arrivée d’émissaires des Nations-Unies et de l’Union africaine, le «Collectif des 45 élus de la Nation» représenté par les députés Tocha Djohar et Ali Mhadji a rencontré la presse hier, mercredi, à la résidence de l’ancien vice-président, Mohamed Ali Soilihi, pour «dénoncer les propos du procureur de la République» et affiché leur satisfaction à cette probable visite.Pour le député d’Itsandra-sud, l’arrivée de ces délégations est une étape importante parce que les représentants de ces organisations internationales «vont pouvoir toucher du doigt la situation de répression et de privation de libertés que le pays traverse ces derniers temps».

Intervenant «au nom du Collectif», les députés Tocha Djohar et Ali Mhadji ont tenu à réagir suite à l’intervention du procureur de la République, Mohamed Abdou, qui a déclaré à l’intension des élus qui se sont alignés derrière l’appel de l’opposition à manifester, que «l’immunité dont ils bénéficient ne couvrait pas les cas de flagrant délit» et les a invité à lire «soigneusement l’article 21 de la Constitution car cette disposition nous donne l’opportunité de les arrêter et de les traduire en justice».

«Heures noires»

Cette rencontre avec la presse avait également pour objet d’annoncer l’arrivée prochaine au pays d’émissaires des Nations unies et de l’Union africaine. Selon le député d’Itsandra-sud, Tocha Djohar, c’est la une initiative importante car «à leur arrivée, nous allons demander que l’armée soit représentée au moment des échanges pour qu’on lui rappelle qu’elle n’est pas au service d’un pouvoir mais plutôt pour la protection des citoyens et pour veiller au respect de la Constitution».

A ce sujet, le député de Hambu, Ali Mhadji a dénoncé l’»intervention musclée opérée par les forces de l’ordre pour disperser les manifestants du vendredi dernier». Selon le député, cet usage de la force pour priver les citoyens de leur droit de manifester prouve que le pays «vit des heures noires» de son histoire. «Le droit de manifester est une des libertés garanties par la Constitution et nous ne comprenons pas que des militaires qui sont payés par l’argent des contribuables nous en privent. Nous vivons dans un d’Etat de droit, un pays dont les lois protègent les droits des citoyens. Ces répressions constatées ces derniers temps sont contraires à ces valeurs et nous exigeons des militaires qu’ils fassent respecter ces droits et donnent la possibilité à tous les citoyens d’en jouir pleinement».

«Excuses publiques» 

Par rapport au propos du chef du parquet de la République de Moroni, d’une seule voix, ces deux députés demandent au parquetier de «présenter des excuses publiques» car ils considèrent que ses déclarations ont choquées l’ensemble du collectif des élus. «Il est regrettable que le procureur de la République, un homme de loi tienne le même discours que le ministre de l’Intérieur ou le directeur du cabinet», déplore Ali Mhadji.

Selon le député de Hambu, «ce discours d’homme politique adopté par le chef du parquet de la République de Moroni, qui menace les députés d’un possible retrait de leur immunité, «met à mal» l’indépendance de la justice. «A ce rythme, nous finirons par croire que le procureur soutient ce pouvoir qui devient de plus en plus répressif», a-t-il lancé. Pour sa part, le député Elfasse Mohamed, a soutenu que le Collectif des élus de la Nation «ne laisserait personne» troubler la tranquillité et la paix dans le pays. «Nous demandons seulement le respect de tous les droits garantis par la Constitution».

Mariata Moussa 

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