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Des manifestants ont protégé un des leurs, qui venait d'être violemment frappé au visage par un policier, en l'extirpant derrière le rideau de fer d'un tabac, qu'ils ont eux-même baissé.

Question posée par Esiope le 02/05/2019

Bonjour,

Votre question fait référence à cette vidéo publiée le 2 mai 2019 sur YouTube.

Elle a été filmée la veille, à l’occasion de la manifestation parisienne pour la fête des travailleurs et travailleuses, comme en atteste la présence de gilets jaunes et du char de la CGT qui passe devant l’église Notre-dame-des-Champs sur le boulevard Montparnasse. La cave à cigare que vous mentionnez correspond au bar tabac Le Brazza, situé au 88 boulevard du Montparnasse, à Paris.

Un policier donne une paire de gifles à un manifestant qui lui crie dessus

Les images montrent un policier faisant d’abord déguerpir un manifestant en lui criant «casse-toi!». Un autre manifestant réagit et lui répond: «Toi aussi, casse-toi!». Le policier se retourne alors vers lui et lui hurle «Qu’est-ce que t’as toi?», avant de lui coller une paire de gifles, qui font s’envoler les lunettes de soleil du manifestant. L’homme frappé au visage ne réagit pas, se tient droit face au policier, avant que d’autres manifestants, dont une dame âgée ne s’interposent et l’extirpent sous le rideau de fer du tabac. Un policier va ensuite écarter l’auteur des images, en lui expliquant que les personnes planquées derrière le rideau sont des «casseurs qui n’ont pas le droit de rentrer là».

Sur Twitter, l’avocat Vincent Ollivier a considéré que le geste du policier correspondait à un «délit puni de 5 ans d’emprisonnement». Il précise à CheckNews qu’il s’agit de «violences volontaires avec deux circonstances aggravantes. Par dépositaire de l’autorité publique et commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice. Article 222-13 du code pénal.»

Des manifestants baissent le store d’un tabac pour se protéger de la police

Certains commentateurs assurent que les policiers auraient ensuite enfermé les manifestants à l’intérieur de la boutique. En regardant la scène attentivement, CheckNewsconstate que ce sont en réalité les manifestants qui tirent le rideau métallique de l’intérieur. Une fois ce dernier baissé, on peut voir et entendre des policiers donner des coups de pied dans le store de fer.

Une version également confirmée par Boby, photographe qui couvrait la manifestation pour Libération et dont le cliché illustre cet article. Il indique que la photo a été prise à 13h51 et que quelques instants plus tôt, la police chassait les manifestants participants au black bloc, qui revenait depuis le restaurant la Coupole. Ces charges sont visibles sur plusieurs vidéos tournées par les journalistes de BrutPress TV et de Ruptly. C’est à ce moment-là que les policiers s’en sont pris aux personnes visibles dans la vidéo. Selon le photographe, il n’y avait pas de participants au black bloc parmi le groupe de personnes qui se tenaient devant le Brazza.

Contrairement à ce qu’avance l’auteur de la vidéo, qui juge qu’une «cinquantaine» de personnes étaient retranchées dans le tabac, le photographe de Libération assuré qu’il n’y avait pas «beaucoup de monde». Une dizaine de personnes se seraient mises à l’abri entre la porte d’entrée et le rideau métallique. Contacté par CheckNews, un employé du Brazza indique que le tabac était fermé pour le 1er mai et qu’il n’a pas eu vent de la scène ou de dégâts.

Cordialement

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