RADIO(S)



 
sport24© Panoramic sport24

Avec Alexis Relandeau-Descamps

Point coach :

Sélectionneur du Danemark, depuis 2015, le Norvégien Age Hareide a fini par gagner le respect des Danois en qualifiant le pays pour sa cinquième Coupe du monde. Nommé à la place de Morten Olsen, limogé après après avoir manqué la qualification pour l'Euro-2016, l’entraîneur de 64 ans n’a pas perdu un match avec son pays depuis octobre 2016 (première depuis 110 ans). Une revanche pour lui dont la nomination avait été critiquée par des supporters danois, désireux de voir l’un des leurs prendre la tête de la sélection.

Hareide a notamment fait parler de lui récemment. Après avoir déclaré que son équipe «ne craignait rien », il a affirmé que les Bleus ne l’impressionnaient pas : «J'ai vu la France contre la Pologne et la Suède à Stockholm. Elle n'a rien de spécial». Aux Français de démontrer le contraire.

Schéma tactique utilisé :

Le Danemark évolue la plupart du temps en 4-2-3-1 avec un jeu construit autour du meneur de jeu Christian Eriksen, positionné derrière l’attaquant de pointe, Nicolai Jorgensen. Sur les côtés, le puissant et véloce Pione Sisto, à gauche, et le rapide Yussuf Poulsen, à droite (ce dernier sera d’ailleurs suspendu face à la France et devrait être remplacé par Martin Braithwaite), sont chargés de percuter. Au milieu, Lasse Schöne et Thomas Delaney sont associés pour récupérer des ballons et lancer les contre-attaques. Devant l’excellent Kasper Schmeichel, fils de, se trouve une charnière complémentaire composée du jeune arrière de Chelsea, Andreas Christensen, et de l’expérimenté Simon Kjaer.

Avec le ballon :

Le Danemark n’est pas une équipe qui se précipite lorsqu’elle est en possession du ballon. La verticalité et les transmissions rapides ne sont clairement pas privilégiées, au contraire du Pérou. Cette sélection prend son temps et cherche à construire de l’arrière. Christensen et Kjaer, les deux centraux, sont d’ailleurs les joueurs ayant touché le plus de ballons lors du dernier match face à l’Australie (80 pour le premier et 79 pour le second).

Deux solutions s’offrent alors aux axiaux. La première est de jouer long sur l’attaquant, généralement Jorgensen. Le grand attaquant (1,90m) du Feyenoord Rotterdam excelle dans le jeu aérien et joue généralement en remise soit pour ses ailiers ou pour son meneur de jeu, Eriksen. Un schéma comparable aux Bleus lorsque Griezmann joue en soutien de Giroud. La seconde consiste à jouer au cœur du jeu soit pour le milieu relayeur, Lasse Schöne, ou pour le meneur de jeu, Christian Eriksen, qui peut être amené à décrocher (voir capture ci-dessus). A partir de là, le jeu part de l’axe du terrain pour se terminer sur le côté avec les ailiers qui ont pour mission de centrer et de trouver Jorgensen. La France fera donc face à un adversaire diamétralement opposé à ce qu’elle a pu rencontrer avec les Péruviens.

Sans le ballon :

Privé du ballon et en position défensive, le Danemark ne panique pas pour autant. A l’image du Pérou, les Scandinaves resserrent les lignes et proposent un bloc bas et très compact. Les latéraux se rapprochent des centraux et forcent les adversaires à passer par les côtés. Le but ? Obliger les porteurs du ballon à centrer. A ce petit jeu-là, Andreas Christensen (1,88 m) et Simon Kjaer (1,90m), deux grands gaillards robustes, se régalent dans le jeu aérien.

Thomas Delaney et Lasse Schöne, les deux milieux axiaux, sont rejoints par les deux ailiers pour former une deuxième ligne de quatre défenseurs (voir ci-dessus). Pendant ce temps-là, Eriksen et Jorgensen s’occupent du pressing sur le porteur du ballon. Cette sélection est dure au mal et accepte de souffrir. Porté par un gardien très performant depuis le début de la compétition, Kasper Schmeichel, les dix joueurs de champ se démènent pour protéger leur cage. Encore un nouveau défi pour les Bleus donc.

Joueur-clé : Christian Eriksen

Formé à l’Ajax Amsterdam, Christian Eriksen est le meilleur joueur danois depuis … les frères Laudrup. Reconnu en Europe depuis son transfert à Tottenham en 2013, le natif de Middelfart évolue au poste de numéro 10. Maître à jouer des Spurs où il totalise déjà plus de 226 matches pour 56 réalisations, il l’est également en sélection. Au sein de l’équipe danoise depuis ses 18 ans, il est la star du pays.

Ses qualités sont celles inculquées par la formation ajacide. Ses mouvements sont souvent justes, sa qualité technique est bien au-dessus de la moyenne et surtout, c’est un véritable artilleur sur les coups de pied arrêtés. Aussi bien sur corner que sur coup franc, il est un danger constant. Hugo Lloris le connaît bien puisqu’ils évoluent ensemble sous les ordres de Mauricio Pocchetino et pourra ainsi donner quelques informations précieuses à Steve Mandanda, titulaire face au Danemark.

Comment les Bleus peuvent s’organiser face au Danemark ?

En tenant compte du turnover de Didier Deschamps, la France étant déjà qualifiée pour les huitièmes de finale, plusieurs changements devraient avoir lieu dans le onze des titulaires. La vitesse de Thomas Lemar et Ousmane Dembélé sur les côtés pourraient permettre aux Bleus de mettre hors de position la défense danoise, réputée pour être plutôt lourde. Olivier Giroud, en pointe de l’attaque, est un très bon choix. Son jeu aérien sera précieux et il n’hésitera pas à batailler avec Kjaer et Christensen. Il connaît d’ailleurs très bien ce dernier puisque les deux hommes évoluent à Chelsea.

Derrière, Presnel Kimpembe et Djibril Sidibé devraient disputer leurs premières minutes en Coupe du monde. Le choix du latéral monégasque peut être lié à la titularisation ou non de Pione Sisto, sur le côté gauche de l’attaque scandinave. Le joueur du Celta Vigo est un footballeur très rapide et vif que Sidibé pourrait, peut-être, mieux contrecarrer que Benjamin Pavard.

Partager