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Politique |  -    Mohamed Youssouf

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Dans une déclaration commune signée le 22 juin dernier, les gouverneurs de Ngazidja et de Ndzuwani ainsi que le vice-président de Ngazidja qui a rejoint récemment le front anti référendum, ont entrepris d’expliquer à la communauté internationale les raisons qui font qu’ils considèrent le référendum annoncé au 30 juillet comme «anticonstitutionnel». Ils demandent le rétablissement de la Cour constitutionnelle et une large concertation au préalable notamment des grands élus avant un quelconque référendum.

 

Engagés dans un combat visant à obtenir un rétropédalage du président de la République quant à l’initiative d’organiser une consultation référendaire le mois de juillet prochain pour entre autres mettre en place une tournante à deux mandats par île ou encore à supprimer les postes de vice-présidents et des conseillers insulaires, trois grands élus de la nation à savoir le vice-président issu de Ngazidja, Djaffar Ahmed Saïd Hassani, le gouverneur de Ngazidja, Hassani Hamadi et le gouverneur de Ndzuani, Salami Abdou Salami, ont, le 22 juin dernier, signé un courrier adressé à la communauté internationale. Sur ce courrier, on peut lire notamment que «nous lançons un appel à la communauté internationale pour que toute évolution du cadre institutionnel actuel se fasse suite à un large consensus national notamment les questions relatives à la présidence tournante et à l’autonomie des îles».


Les trois signataires du courrier demandent également le rétablissement de la Cour constitutionnelle et le respect des libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution. Après sa sortie ô combien remarquée à Mrodjuu le lendemain de l’aïd lors de laquelle, il avait qualifié d’anticonstitutionnel le processus référendaire en cours, le vice-président Djaffar Ahmed Saïd Hassani persiste et signe, avec cette déclaration commune, en affirmant qu’une telle initiative devait faire l’objet d’une concertation des grands élus avec les vice-présidents, les gouverneurs et le président de l’Assemblée de l’Union.

La Cour constitutionnelle, le nœud

«La Constitution a également institué une conférence des grands élus en tant que cadre de concertation…Il nous parait évident que le président aurait dû consulter formellement les grands élus sur l’opportunité du référendum tant sur le fond que la forme. Cela n’a jamais été le cas car nous constatons chaque jour qui passe que le pouvoir de décision ne se trouve pas là où il aurait dû être», argumentent les signataires pour convaincre entre autres les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et la Ligue des Etats arabes.


Cette déclaration commune dénonce «des libertés individuelles et collectives qui sont de plus en plus mises à mal ces derniers temps», à savoir, la liberté de manifester «pacifiquement», de s’exprimer, de se réunir et de circuler. Elle revient également sur la disparition de la Commission nationale de prévention et de lutte contre la corruption (Cnplc), la non-organisation de l’élection partielle devant remplacer le conseiller de Hada (Ndzuani)  conformément à l’arrêté N°16-032/ de la Cour constitutionnelle rendu le 5 décembre 2016, le non-respect de l’article 28 de la Constitution qui demande la mise en place du Conseil supérieur de la magistrature entre autres. A l’image de l’opposition, ces élus signataires mettent le cap vers la communauté internationale.


Une communauté qui ne sera d’aucun réconfort pour les opposants selon les propos du chef de l’Etat tenus à Dibwani la semaine dernière.

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